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Datascope AXA 2026 : l’absentéisme à son record historique : ce que cela révèle sur la santé au travail
Datascope AXA 2026 : l'absentéisme à son record historique: ce que cela révèle sur la santé au travail
Par Maison Loan | Analyse du Datascope AXA France 2026
Depuis 2019, AXA France publie chaque année le Datascope : un observatoire de l’absentéisme construit sur l’analyse de plus de 3 millions de salariés du secteur privé. L’édition 2026, publiée en mars, confirme ce que l’on redoutait. En effet, non seulement la hausse se poursuit, mais elle s’accélère sur certaines populations. Chez Maison Loan, nous avons analysé ces données pour vous livrer les enseignements stratégiques et les leviers d’action concrets.
Un record qui ne devrait plus surprendre, mais qui devrait alarmer
Le taux d’absentéisme dans le secteur privé français a atteint 4,8 % en 2025. C’est une hausse de 5 % par rapport à 2024, et de 50 % par rapport à 2019. Il y a six ans, 1 journée sur 31 était perdue pour cause d’arrêt. En 2025, c’est presque 1 journée sur 21.
Concrètement, ce chiffre se traduit en coûts directs : indemnités journalières, désorganisation des équipes, recours à l’intérim. Par ailleurs, les coûts indirects sont souvent sous-estimés — baisse de qualité, surcharge des collègues présents, dégradation du climat social, et perte de savoir-faire lors des arrêts longs.
Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est la composition de la hausse. Désormais, les arrêts de longue durée représentent plus des deux tiers du taux global. Parmi eux, les arrêts de plus de six mois connaissent la dérive la plus forte.
Les jeunes et les cadres : deux alertes qu'on ne peut plus ignorer
L’une des données les plus marquantes concerne l’absentéisme par âge et catégorie socioprofessionnelle.
Les moins de 35 ans connaissent la hausse la plus forte : +10 % pour les moins de 30 ans, +11 % pour les 30-35 ans en un an. L’absentéisme atteint 3,3 % chez les moins de 30 ans — un niveau inimaginable il y a dix ans. Ces jeunes se distinguent notamment par un recours deux fois plus fréquent aux arrêts très courts (1 à 3 jours).
Les cadres, quant à eux, voient leur absentéisme progresser de +8 % pour la deuxième année consécutive. Une sous-population se démarque particulièrement : les hommes cadres de 30 à 45 ans, avec une hausse de +16 %. En conséquence, leurs arrêts très longs (plus de 6 mois) explosent : +38 % sur un an.
L’avis de Maison Loan : ces deux profils partagent des caractéristiques communes. Ce sont des personnes sous forte pression de performance, avec peu de culture de la récupération. C’est précisément pourquoi une politique d’hygiène de vie structurée produit les résultats les plus significatifs sur ces populations.
La santé mentale : première cause des arrêts longs, et ça empire
Le Datascope 2026 confirme une tendance documentée depuis plusieurs années : les troubles psychologiques sont la première cause des arrêts longs. En 2025, ils représentent 38 % des arrêts longs — la hausse la plus forte des quatre dernières années.
Deux chiffres méritent attention. Pour les moins de 30 ans, les troubles psychologiques représentent désormais plus d’un arrêt long sur deux. C’est la première fois que ce seuil est franchi pour cette tranche d’âge. Par ailleurs, pour les 30-35 ans, la proportion atteint 54 % — la plus élevée de toutes les tranches d’âge.
L’âge moyen de survenance des troubles psychologiques est passé de 43,3 ans en 2019 à 40 ans en 2025. Ainsi, les troubles s’installent plus tôt et durent plus longtemps. Les femmes restent plus touchées, mais l’écart avec les hommes se resserre. Cela traduit un changement structurel dans la population active.
L'entreprise a un rôle clé et un levier réel
Diane Milleron Deperrois, Directrice Générale d’AXA Santé & Collectives, formule un constat lucide dans l’édition 2026 : l’absentéisme n’est pas une fatalité. En effet, les données illustrent que l’entreprise dispose d’un levier réel pour inverser la tendance.
Le Datascope rapporte d’ailleurs le témoignage du Groupe TF1 (périmètre Media, environ 3 500 salariés). En mobilisant les équipes RH, la médecine du travail et les managers, puis en déployant un coaching résilience pour les reprises après longs arrêts, le taux d’absentéisme a été divisé par deux en 10 ans. Ainsi, 70 % des collaborateurs n’ont aucune absence sur l’année.
Ces résultats ne s’obtiennent pas avec un programme de yoga trimestriel ou un numéro vert. En revanche, ils s’obtiennent avec une méthode, une culture, et une cohérence.
L’avis de Maison Loan : c’est précisément cette direction que nous prenons. Nos consultants ne proposent pas des conférences ponctuelles. Ils ancrent des habitudes structurantes, mesurables, dans le quotidien professionnel de chaque collaborateur.
Le regard de Maison Loan
Les données du Datascope AXA 2026 sont un signal d’alarme clair. L’absentéisme a augmenté de 50 % en six ans. Par ailleurs, il n’y a aucune raison structurelle pour qu’il s’arrête de progresser si les organisations continuent d’intervenir après la rupture plutôt qu’avant.
En somme, les mêmes leviers qui font performer un sportif de haut niveau font gagner une équipe. Sommeil, nutrition, mouvement, récupération mentale : ce ne sont pas des options — ce sont les fondations d’une performance qui dure.
Source : Datascope AXA France 2026 : “L’observatoire de la vie en entreprise”, Édition 2026, Diane Milleron-Deperrois, Directrice Générale AXA Santé & Collectives. Données basées sur 3 millions de salariés du secteur privé (DSN anonymisées 2019-2025).
Bibliographie
- AXA France (2026). Datascope AXA France 2026 : « L’observatoire de la vie en entreprise ». Édition 2026. Directrice Générale AXA Santé & Collectives : Diane Milleron-Deperrois. axa.fr
→ Pour approfondir : Santé mentale en entreprise 2025 : les chiffres qui imposent l’action | Plan MEN-MSJVA 2025-2027 : les mesures santé pour les entreprises