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juin 2, 2026. Equilibre de vie (social & psychologie)

TMS : la première “pathologie” professionnelle en France et ce que les entreprises peuvent vraiment faire

TMS au travail : la première maladie professionnelle en France et ce que les entreprises peuvent vraiment faire

Par Maison Loan | Analyse du rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie Risques Professionnels, données INRS et étude Goodwill management

Les troubles musculosquelettiques représentent aujourd’hui près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en France. Toutefois, derrière ce chiffre se cache un coût humain, économique et organisationnel encore largement minimisé. C’est pourquoi nous décryptons les données les plus récentes et fiables, et nous proposons aux DRH et dirigeants des leviers concrets pour agir sur les troubles musculosquelettiques en entreprise.

Un phénomène en accélération continue

Selon le rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie Risques Professionnels, les troubles musculosquelettiques ont augmenté de 6,7 % entre 2023 et 2024. Concrètement, cela représente près de 2 800 cas supplémentaires en un an. Par ailleurs, les troubles musculosquelettiques constituent désormais 87 à 90 % de l’ensemble des maladies professionnelles indemnisées.

Le coût direct est estimé à environ 2 milliards d’euros par an pour la seule branche Risques professionnels. Toutefois, le coût total pour les entreprises et la société dépasse les 7 milliards d’euros par an, en intégrant l’absentéisme et les soins médicaux. Pour comprendre comment ces phénomènes s’articulent avec la santé psychologique, consultez notre dossier sur la santé mentale en entreprise.

Plus marquant encore, plus de 20 millions de journées de travail ont été perdues en 2024 à cause des troubles musculosquelettiques et des lombalgies liées aux manutentions manuelles. En somme, l’équivalent de plus de 90 000 salariés absents sur une année complète.

Ce que cela signifie pour vous : les troubles musculosquelettiques ne sont pas un sujet périphérique. En effet, c’est le premier poste de maladie professionnelle, et il continue de progresser malgré les dispositifs déjà déployés. Toutefois, la dynamique est réversible avec une démarche structurée.

Tous les secteurs sont concernés, pas seulement l'industrie

Le rapport 2024 de l’Assurance Maladie identifie sept secteurs particulièrement touchés par les troubles musculosquelettiques. On y retrouve le transport et la logistique, le commerce, l’agroalimentaire, le bâtiment et les travaux publics, la propreté, l’industrie métallurgique et l’aide à la personne, notamment au sein des établissements pour personnes âgées dépendantes.

Toutefois, le secteur public n’est pas épargné, bien au contraire. Dans la fonction publique territoriale, 97,4 % des maladies professionnelles reconnues sont des troubles musculosquelettiques. Dans la fonction publique hospitalière, ce chiffre atteint 96 %. Cette ampleur, comparable à celle décrite dans notre analyse du Datascope AXA 2026 sur l’absentéisme, montre que personne n’est à l’abri.

Par ailleurs, le secteur tertiaire connaît une progression rapide. La sédentarité au bureau, l’usage prolongé des écrans et l’augmentation du télétravail créent de nouveaux profils de troubles musculosquelettiques en entreprise, notamment au niveau du cou, des épaules et du dos.

Ce que cela signifie pour vous : si votre entreprise n’a pas encore identifié de troubles musculosquelettiques chez ses collaborateurs, ce n’est probablement pas parce qu’ils n’existent pas. C’est parce qu’ils ne sont pas encore détectés.

Comprendre les facteurs de risque des troubles musculosquelettiques : bien au-delà de la posture

L’INRS identifie trois grandes familles de facteurs de risque. D’abord, les facteurs biomécaniques : gestes répétitifs, postures contraignantes, efforts musculaires importants, manutention de charges. Ensuite, les facteurs psychosociaux : stress chronique, pression temporelle, manque de soutien, faible autonomie. Enfin, les facteurs liés aux ambiances physiques : vibrations, froid, port prolongé de gants.

L’élément clé, souvent ignoré, concerne l’interaction entre stress et TMS. L’INRS rappelle que le stress amplifie la perception de la douleur. De plus, il accroît le tonus musculaire et altère les mécanismes naturels de réparation des microtraumatismes. Ainsi, deux salariés exposés aux mêmes contraintes physiques ne développeront pas les mêmes pathologies en fonction de leur charge mentale.

Ce que cela signifie pour vous : réduire les TMS sans s’attaquer aux risques psychosociaux est une démarche incomplète. En effet, les deux phénomènes sont intimement liés. C’est pourquoi une politique TMS efficace est nécessairement transversale.

L'activité physique : un levier de prévention validé scientifiquement

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande aux adultes de 18 à 64 ans au moins 2 h 30 d’activité physique d’intensité modérée par semaine, complétées par des séances de renforcement musculaire deux fois par semaine. Toutefois, en France, près d’un adulte sur deux n’atteint pas ce seuil.

L’OMS classe la sédentarité parmi les quatre principaux facteurs de mortalité prématurée dans le monde, au même niveau que le tabac et l’hypertension. Concrètement, l’inactivité physique tue silencieusement.

L’étude Goodwill management, réalisée pour le Comité Olympique et le Medef avec le soutien d’AG2R La Mondiale, démontre les bénéfices mesurables d’une politique d’activité physique en entreprise. Ainsi, les sociétés actives sur ce sujet observent une réduction de l’absentéisme pouvant atteindre 40 %, une hausse de productivité jusqu’à 9 % et une baisse du turnover allant jusqu’à 25 %. Côté salariés, l’étude évalue le gain à 5 à 7 % d’économies annuelles sur leurs dépenses de santé et jusqu’à 3 ans d’espérance de vie supplémentaires.

Ce que cela signifie pour vous : investir dans l’activité physique des collaborateurs n’est pas une dépense de confort. C’est un investissement à retour mesurable, validé scientifiquement et économiquement.

L'approche Maison Loan

Chez Maison Loan, nous accompagnons les organisations dans la mise en place d’une stratégie globale et durable. En effet, traiter les TMS uniquement par l’ergonomie revient à soigner les symptômes sans traiter les causes profondes.

Notre méthode s’appuie sur six piliers fondamentaux : le sommeil, la nutrition, l’activité physique, le biohacking, la préparation mentale et l’équilibre vie pro/perso. Concrètement, comme pour un sportif de haut niveau, c’est la cohérence globale qui fait la différence. Ainsi, les mêmes leviers qui protègent un athlète des blessures protègent vos équipes des TMS.

Nous intégrons des routines d’activité physique adaptées, des protocoles de mobilité, une éducation au mouvement et un suivi régulier. En somme, vos collaborateurs gagnent en énergie et en longévité professionnelle. Votre entreprise gagne en stabilité, en performance et en attractivité.

Sources principales : Assurance Maladie Risques Professionnels (Rapport annuel 2024, publié novembre 2025), INRS (Institut national de recherche et de sécurité), Organisation Mondiale de la Santé, Santé publique France, étude Goodwill management pour le CNOSF, le MEDEF et AG2R La Mondiale.

Bibliographie

  • Assurance Maladie Risques Professionnels (novembre 2025). Rapport annuel 2024. https://www.assurance-maladie.ameli.fr/sites/default/files/rapport_annuel_2024_de_lassurance_maladie_-_risques_professionnels_novembre_2025.pdf
  • INRS. Troubles musculosquelettiques (TMS). Ce qu’il faut retenir. https://www.inrs.fr/risques/tms-troubles-musculosquelettiques/ce-qu-il-faut-retenir.html
  • INRS. Troubles musculosquelettiques (TMS). Facteurs de risque. https://www.inrs.fr/risques/tms-troubles-musculosquelettiques/facteurs-risque.html
  • INRS. Troubles musculosquelettiques (TMS). Statistiques. https://www.inrs.fr/risques/tms-troubles-musculosquelettiques/statistiques.html
  • Organisation Mondiale de la Santé. Recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé.
  • Goodwill management. Étude sur l’impact économique et social de l’activité physique en entreprise. CNOSF, MEDEF, AG2R La Mondiale.
  • Santé publique France. Troubles musculosquelettiques en France.