Maison Loan

juin 2, 2026. Equilibre de vie (social & psychologie)

Risques psychosociaux en entreprise : ce que les dernières données révèlent et comment passer à l’action

Risques psychosociaux en entreprise : ce que les dernières données révèlent et comment passer à l'action

Par Maison Loan | Analyse des données INRS, DARES, EU-OSHA et baromètres récents

Les risques psychosociaux ne sont plus un sujet de communication interne. En effet, ils sont devenus un enjeu économique, juridique et stratégique majeur pour les entreprises françaises. Toutefois, la majorité des organisations restent en mode réactif face aux risques psychosociaux. C’est pourquoi nous décryptons ici les données les plus récentes et fiables pour aider DRH et dirigeants à passer à l’action.

Un coût massif, encore largement sous-estimé

L’INRS estime le coût social du stress au travail entre 2 et 3 milliards d’euros par an en France. Toutefois, cette estimation de 2007 ne couvre que le « job strain », soit moins d’un tiers des situations de travail fortement stressantes. Concrètement, le coût réel est donc significativement supérieur.

À l’échelle européenne, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail a estimé en 2013 le coût des dépressions liées au travail à 617 milliards d’euros par an, à l’échelle de l’Union européenne. Ce montant intègre l’absentéisme, le présentéisme, la perte de productivité et les soins médicaux.

Par ailleurs, les conséquences directes en entreprise sont multiples. L’INRS identifie clairement le turnover accru, les journées de travail perdues, la dégradation de la qualité de production et la démotivation des équipes. En somme, les RPS pèsent sur trois piliers stratégiques : la santé des salariés, la performance économique et l’image employeur.

Ce que cela signifie pour vous : sous-estimer les RPS, c’est sous-estimer un poste de coût qui se propage silencieusement dans toute l’organisation. D’abord, il faut accepter qu’une partie du coût est invisible. Ensuite, il faut accepter qu’il se traduit en chiffres très concrets dans les comptes de l’entreprise.

Une prévalence qui dépasse de loin la perception managériale

Le baromètre Empreinte Humaine, réalisé par OpinionWay en 2023, indique que 44 % des salariés français se déclaraient en détresse psychologique. Par ailleurs, lors de sa vague de 2022, ce même baromètre estimait à environ 2,5 millions le nombre de travailleurs actifs présentant un risque d’épuisement sévère lié aux risques psychosociaux.

L’étude OpinionWay pour InclusivDay, publiée en mai 2025, confirme et précise cette tendance. Ainsi, 81 % des salariés ressentent une fatigue mentale liée au travail. De plus, 45 % se situent en détresse psychologique modérée ou élevée selon le test K6, qui mesure la nervosité, la dépression et l’épuisement. Enfin, un salarié sur dix se trouve en burn-out sévère. Pour aller plus loin, nous avons décrypté ces chiffres dans notre analyse de la santé mentale en entreprise.

L’enquête nationale Conditions de travail et risques psychosociaux, lancée par la DARES et l’INSEE en juillet 2024 auprès de 45 500 ménages, livrera ses premiers résultats à partir de 2026. Cette enquête publique de référence permettra d’objectiver une réalité que les baromètres privés documentent déjà avec force.

Ce que cela signifie pour vous : la détresse psychologique n’est plus une exception. C’est une réalité statistique massive. Toutefois, la satisfaction déclarée par vos collaborateurs ne garantit rien. En effet, on peut aimer son métier et s’épuiser silencieusement.

Les trois familles de risques psychosociaux à connaître

L’INRS classe les RPS en trois grandes familles. La première regroupe les situations de stress chronique, lorsque les contraintes du travail dépassent durablement les ressources du salarié. La deuxième concerne les violences internes, notamment le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les conflits prolongés. La troisième concerne les violences externes, exercées par des personnes extérieures à l’entreprise sur les salariés, en contact public notamment.

Par ailleurs, ces trois familles partagent des facteurs déclencheurs communs. Notamment l’intensité du travail, l’autonomie limitée, le manque de soutien social, les conflits de valeurs ou encore l’insécurité de la situation professionnelle.

Ce que cela signifie pour vous : parler de RPS sans distinguer ces trois familles, c’est entretenir le flou. Ainsi, le bon diagnostic conditionne la bonne action. Une politique unique ne peut couvrir des situations aussi diverses.

Du mode réactif au mode performance

Selon l’étude OpinionWay pour InclusivDay 2025, 87 % des DRH reconnaissent fonctionner principalement en mode réaction face aux risques psychosociaux. Concrètement, ils interviennent au moment d’une alerte ou d’un arrêt maladie. De plus, seuls 49 % des entreprises réalisent une évaluation formelle des risques psychosociaux. Ensuite, seulement 49 % mesurent réellement la santé psychologique de leurs salariés.

Le fossé de perception est saisissant. Ainsi, 75 % des DRH déclarent avoir mis en place des actions de prévention. Pourtant, seul un salarié sur trois confirme leur existence réelle. En conséquence, ce n’est pas la bonne volonté qui manque. C’est la lisibilité, la cohérence et la continuité des actions. La pression sur l’absentéisme illustre directement ces angles morts, comme nous le montrons dans notre analyse du Datascope AXA 2026.

Les environnements à haute sécurité psychologique présentent une détresse psychologique de 37 %, contre 58 % dans les environnements à faible sécurité, selon l’étude OpinionWay pour InclusivDay 2025. Concrètement, c’est un écart de 1,6 fois. Par ailleurs, ces environnements génèrent une hausse de 26 points sur la prise d’initiative et de 16 points sur l’envie de se dépasser.

Ce que cela signifie pour vous : la prévention des risques psychosociaux n’est pas une obligation morale isolée. En effet, c’est un levier direct d’engagement, d’innovation et de performance.

L'approche Maison Loan

Chez Maison Loan, nous travaillons aux côtés de DRH, dirigeants et responsables QVCT. En effet, nous constatons que les organisations ne manquent pas de bonne volonté. Elles manquent de méthode, de continuité et de levée des angles morts.

Notre approche s’appuie sur six piliers fondamentaux : le sommeil, la nutrition, l’activité physique, le biohacking, la préparation mentale et l’équilibre vie pro/perso. Concrètement, comme pour un sportif de haut niveau, c’est la cohérence globale qui fait la différence. Ainsi, les mêmes leviers qui font gagner un athlète font performer une équipe.

La préparation mentale, intégrée à un cadre structuré, transforme la prévention des RPS en avantage compétitif durable. En somme, vos collaborateurs gagnent en énergie. Votre entreprise gagne en performance.

Sources principales : INRS (Institut national de recherche et de sécurité), DARES et INSEE (Enquête CT-RPS 2024), EU-OSHA (Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail), OpinionWay pour InclusivDay (mai 2025), Empreinte Humaine et OpinionWay (2023).

Bibliographie

  • INRS. Risques psychosociaux (RPS). Ce qu’il faut retenir. https://www.inrs.fr/risques/psychosociaux/ce-qu-il-faut-retenir.html
  • INRS. Stress au travail. Conséquences pour l’entreprise. https://www.inrs.fr/risques/stress/consequences-entreprise.html
  • EU-OSHA. Coût des troubles psychosociaux et dépressions liés au travail en Europe. Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail.
  • DARES et INSEE (2024-2026). Enquête Conditions de travail et risques psychosociaux (CT-RPS) 2024. Service statistique du ministère du Travail.
  • Bost, P.-E. et OpinionWay (mai 2025). 2025, année de la santé mentale en entreprise : et après ? Les chiffres qui imposent l’action. Étude réalisée pour InclusivDay.
  • Empreinte Humaine et OpinionWay (2023). Baromètre santé psychologique des salariés français.